La vieillesse et la dépendance ?

Vieillir, quel état difficile à envisager et pourtant les chiffres nous indiquent un vieillisement de la population. La France doit se préparer à une nouvelle organisation sociale: que vont devenir les aînés, dans un contexte économique délicat, si la famille, l'Etat, les associations ne font pas le maximum dans ce domaine?
L'on voit fleurir des assurances dépendance, mais il n'est pas certain que tout un chacun puisse y accéder.
Une importante question se pose quant au devenir des personnes de plus de 60 ans dans notre société: le vieillissement de la population pose la question cruciale de la dépendance.
En 2020, les personnes de plus de 60 ans seront 17 millions (au lieu de 12,5 millions en 2000), et près de 21 millions en 2040. Une grande partie des personnes âgées, auront besoin d'être accompagnées dans les actes courants de la vie.
Du fait de l'inégalité de l'espérance de vie, la dépendance féminine est importante et augmente avec l'âge, surtout à partir de 90 ans.
Le fléau actuel, la maladie d'Alzheimer, a un impact non négligeable sur le chiffre de la dépendance. Il faut compter chaque année entre 135 000 à 165 000 cas nouveaux. Déjà, il est estimé que 40% des nonagénaires sont atteints de troubles psychiques et intellectuels. La demande de prise en charge, ainsi que celle de structures spécialisées va aller croissant.
Comment la société va t-elle prendre en compte cette donnée? Que sommes-nous prêts à faire pour nos aînés ? Notre durée de vie s'allonge, sommes-nous prêts à y faire face?
Les associations sont-elles en mesure de répondre à cette demande croissante? Bien que l'économie sociale emploie 80% des salariés du secteur, l'accueil des personnes dépendantes est-il suffisamment pris en compte?


Témoignages

Merci ma chérie d'aborder ce sujet qui me tient à coeur en ce moment je suis l'exemple type je ne peux aller nulle part ! Dépendante depuis de nombreuses années mon état s'est aggravé cette année avec des pertes de mémoire sérieuses au point d'oublier mes médicaments, je suis sous morphine et j'ai une tierce personne tous les jours mais pas à temps plein ce serait au-delà de mon budjet. j'ai fait un dépistage d'Alzheimer , des tests de mémoire et il s'agit d'une dépression sérieuse au point d'envisager de me faire quitter ma maison pour un Foyer logement mes enfants ont essayé de trouver en banlieue parisienne et on ne me prend pas parce que je suis handicapée, que j'ai besoin d'aide pour beaucoup de choses, les tarifs bien au-delà de ma retraite mais mes enfants étaient d'accord pour payer le complément ??? Quoi faire la maison de retraite à 74 ans en Avril, je n'ai pas perdu l'esprit, je vais sur internet et les médecins m'ont incitée à continuer au contraire je trouve cette situation dramatique, une charge pour mes enfants un vrai souci en fait il y a un vrai trou entre les gens autonomes et les autres mais sommes-nous responsables du handicap ??? Être assistée est bien triste nous sommes punis par la maladie et par le manque de place pour nous laisser vivre ! Cette situation ne fera que s'aggraver malheureusement! Yolande

Je remercie Yolande, pour ce témoignage bouleversant. Le coût d'un hébergement en maison de retraite est élevé, et trop souvent encore ne sont pas acceptées les personnes dépendantes, alors que faire ? Le chemin est encore long à parcourir pour que notre société prenne en compte dans sa totalité ce douloureux problème de la dépendance. Le message de Yolande date du 11 février 2012, et le 11 janvier 2013, elle nous quittait, malgré sa formidable envie de se battre, ses propos prennent tout leur sens !!.


DERACINEE

Je vivais dans le Sud de la France où je suis née, mariée, des enfants, des petits-enfants, infirmière une profession que j'adorais, la vie suit son cours et c'est le drame, le décès tragique de mon mari dans un accident ! Une dépression qui s'installe, je ne m'habitue pas à son absence, à la solitude, perdu le goùt de vivre ! Une décision s'impose mes enfants décident de "me placer" j'ai 75 ans et pour tout simplifier, mise sous tutelle reste à faire le bon choix d'une maison de retraite médicalisée avec une réputation sans faille, je ne peux qu'accepter puisque je me laisse aller, je ne me nourris plus ! Mais loin si loin à 1200Kms de ma maison, j'ai été posée, déracinée, perdue sans famille, sans amis, seule, toute seule ! Les enfants deux fois par an, ils sont enchantés je vais mieux, pas de soucis d'argent, bien suivie médicalement, comme ils ont eu raison de prendre cette décision disent-ils. J'ai remonté la pente, surmonté ma dépression, en retrouvant ma lucidité je me suis créée une nouvelle vie ! Je participe aux jeux, je fais des mots croisés et surtout j'ai des amies !!! De temps en temps une allusion à ma Provence m'échappe, son parfum de lavande et très vite je dis " c'était dans une autre vie, celle où j'existais " Je vais avoir 81 ans et ma vie s'est arrêtée il y à un peu plus de 5 ans.... Je n'ai toujours pas compris pourquoi si loin de mon chez moi !!!.

Merci à MF pour ce témoignage bouleversant


NOTRE SAVOIR

Bonjour, j'ai été touchée par votre rubrique*veillir*. Je demeure au Canada(Québec),j'ai 53 ans et travaille comme préposée aux bénificiaires dans une résidence pour personnes agées et en convalescence. Effectivement que cela fait peur que de se retrouver dans ces endroits.Les horaires y sont très rigoureux,la dépersonnalisation des gens y est courrante,aucun respect pour nos ainés.Tout y est fait en vitesse, les toilettes, les bains et les repas.J'ai environ 1 heure 30 pour aider 8 personnes le matin, je leur dit souvent de profiter de leur 15 minutes de gloire.J'essaie d'égayer leur journée, ce qui n'est pas toujours évident. Les soins sont aussi touchés, de simples petits bobos qui dégénèrent, pas le temps de s'en occuper.Nous avons pourtant une très belle charte des droits et libertés de nos personnes agées. Mais en pratique ce n'est que du vent.Certaines familles ne s'occupent pas de leurs ainés,les administrateurs ne pensent qu'à faire des profits,nous dans tout cela on essaye de faire notre travail. Moi même je ne veux en aucun cas me retrouver dans ces résidences.Mon souhait le plus cher,c'est que les enfants de ces personnes réalisent que leurs parents leur ont accorder une vingtaine d'années pour en faire des gens autonomes,eux aussi avaient à vivre leur vie,mais ils ont quand même pris le temps de vous élever.Ils ont trouvé des solutions,ils vous ont donner le meilleur d'eux même.Prenez soins d'eux au moment où ils en ont le plus besoin...et que nos gouvernements se réveillent,nous venons tous de ces ainés.Ils sont précieux, ils sont notre savoir.
Merci à RS pour cette dure réalité du travail.

Cet espace est le vôtre, vos remarques seront les bienvenues.





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